
preview du numéro 1 :
où sont les femmes ?
Cher
rôliste, nous avons bien vu ton œil moqueur et ton air dubitatif. Tu te
demandes : « Comment des hommes pourraient-ils être crédibles avec un
thema comme celui-là ? »
Ah,
j'aime quand tu doutes de nous et que tu réfléchis ! Pour te prouver
que nous traitons le sujet avec sérieux et te mettre en confiance, nous
sommes allés interviewer des femmes - actrices de notre petit monde
ludique - pour leur demander, à elles, ce que c'est que d'être femme et
rôliste. Alba, Nelis et Amélie Tsaag-Valren ont gentiment accepté de
jouer le jeu... Mesdames, Mesdemoiselles, à vous la parole !

Le jeu de rôle est un loisir identifié comme surtout masculin. Comment l’avez-vous découvert ?
Amélie Tsaag-Valren :
en terminale, au lycée ! Née en 1983, j’appartiens à cette génération
qui regardait Buffy chaque samedi soir, avant de s’en venir discuter
rituels de magie et existence des vampires entre les cours. Je mangeais
à la cantine (immonde comme de bien entendu) quatre jours par semaine,
nous avions entre une demi-heure et une heure à tuer. Or, le mec d’une
de mes amies de l’époque (genre « metalleux et chevelu », mais je ne
devrais pas le préciser, c’est un pléonasme comme « étudiante et pauvre
») est venu nous entraîner dans une salle de classe vide pour s’adonner
à son péché mignon : Magic the Gathering. En groupe de quatre, ils
s’éclataient pendant que nous, les « nanas », on regardait. Et on
s’ennuyait ferme ! J’ai tenté de comprendre, après une flopée de « le
jeu c’est compliqué » et de « ça ne te plaira pas », j’ai fini par
emprunter l’un de leurs decks et les forcer de m’apprendre à jouer. De
fil en aiguille, on m’a donné
quelques cartes dont personne ne voulait, ce qui m’a permise de
construire un vrai deck… L’avantage avec MTG, c’est que le deck prend
peu de place dans mon sac : va-t-en porter des figurines et un plateau
de JDR au lycée !
La découverte du JDR papier remonte, elle, aux
années fac : même contexte d’occupation des heures d’après-cantine,
mais je suis venue chercher les joueurs après avoir appris (au terme
d’une petite enquête sur deux salles du dernier étage, réquisitionnées
par des rôlistes chaque jour). Dans mes cours, nous n’étions que des
filles, et ce n’était même pas la peine de parler JDR. Quant à évoquer
MTG, je n’en parle même pas... J’ai commencé avec Donjons et dragons,
comme beaucoup je suppose… et une rodeuse demi-elfe du nom d’Hécate,
peut-être par nostalgie avec mon jeu Magic, un jeu elfe !
Nélis : grâce
à mon petit ami de l'époque qui me l'a fait découvrir lorsque j'avais
18 ans. J'avais déjà lu de nombreux « livres dont vous êtes le
héros » et le reste est venu naturellement lors de ma première
partie. J'ai toujours eu une imagination débordante, le fait de
simplement lire une histoire m'a vite montré les limites que je voulais dépasser : j'avais envie d'aller plus loin sans savoir comment faire.
Je
ne connaissais pas du tout le concept de « jeu de rôle » (à
l'époque) mais j'ai vite senti que c'était ce qu'il me fallait pour
m'exprimer : allez plus loin que de la simple lecture, pouvoir faire
vivre un personnage à part entière, avec d'autres personnes
passionnées, en toute convivialité.
Alba :
étonnamment, par une autre femme… ma mère ! Lectrice de fantasy et de
SF ainsi que du Grand Ancêtre "Jeux & Stratégie", elle a acheté la
fameuse "boîte rouge" de Donjons & Dragons dès sa sortie en France
et s'est aussitôt lancée dans l'organisation de parties pour moi et mes
camarades.
Avez-vous
eu du mal au début à faire accepter vos idées de jeu (choix des jeux
pratiqués, choix de personnage joué, interprétation des personnages,
façon de résoudre les scénarios…) auprès des garçons ? Bref, y a-t-il
eu une sorte de « choc culturel » ?
Amélie Tsaag Valren : tout
à fait ! Bon nombre de mecs s’imaginent qu’une fille doit forcément
jouer prêtresse, ou magicienne, bref « truc délicat avec de belles
robes ». Moi, non seulement j’appréciais les classes de rôdeuse et de
voleuse, mais en plus, j’ai horreur qu’on me materne. Les classes de
soigneur ne me conviennent absolument pas… je garde un souvenir ému de
ce jour où je suis venue taper un minotaure au bâton de prêtresse, sans
balancer un seul sort de soin. Je ne pense pas qu’on me l’ait pardonné !
Mon
plus grand choc culturel ne résulte toutefois pas des parties de Donj’,
puisque j’y jouais le plus souvent avec d’autres filles, mais du
MMORPG. Inscrite sur World of Warcraft peu après sa création, j’avais
commencé sur un serveur RP avec une druidesse elfe de la nuit (la
classe rôdeur n’existant pas), à la base pour jouer avec quelques amis
et sans cacher le fait d’être une « vraie fille ». J’ai rejoint leur
guilde, et hop, dès que je me connectais et que mon nom apparaissait,
je voyais débouler une foule de mâles aux petits soins, toujours prêts
à me rusher un donjon, à me farmer des équipements, à me tanker des
monstres et à me suivre partout où j’allais, juste pour le plaisir de
parler avec une « vraie fille » ! C’est devenu si lourd que je leur ai
fait croire à mon départ du jeu, avant de revenir six mois plus tard
sur un autre serveur RP, côté horde, avec un guerrier tauren ! …Sans
jamais dire que je suis une fille, de toute façon, on ne me posait plus
la question… Comme c’est bizarre !
Alba : ayant
commencé à jouer avec des filles, je n'ai pas eu ce problème. Plus
tard, bien sûr, j'ai joué surtout avec des garçons mais je n'ai jamais
constaté de telles difficultés. Sans doute ai-je eu la chance de
fréquenter des joueurs plutôt subtils et cultivés.
En tant que MJ,
j'ai du mal à me rendre compte si mon style a quelque chose de
spécifiquement féminin. Il me semble que le choix des jeux fait
beaucoup : des éléments comme les relations familiales et amoureuses
des personnages sont très importants dans des jeux comme Ambre et
Château Falkenstein, indépendamment du sexe du MJ.
Nélis : non, je n'ai pas eu de difficultés dans le sens où je suis arrivée dans une association avec l'envie de découvrir et d'essayer de nombreux jeux, des ambiances différentes.
Le
coté un peu brutal et "gros bill" que certains joueurs préfèrent
parfois ne correspond pas à ma façon de jouer. Mais est-ce vraiment dû
au fait d'être une femme ou plutôt une histoire de caractère ? Je
connais quelques joueuses qui sont au moins aussi barbares que certains
dans leur manière de jouer !
Autour de vous, y a-t-il habituellement beaucoup de joueuses de jdr ou bien restez-vous une exception ?
Amélie Tsaag Valren : j’ai
arrêté le JDR depuis un moment, faute de temps et de motivation. Mes
dernières parties se déroulaient dans une ambiance totalement mixte, chacun
ou presque jouant en couple. Je trouve cela bien plus sympathique que
le temps où j’en étais réduite, avec des amies, à m’ennuyer en
regardant les hommes jouer à MTG !
Alba :
il faut bien reconnaître que les joueuses sont minoritaires, mais il y
en a malgré tout quelques-unes dans mon entourage. La campagne que j'ai
maîtrisée à Ambre n'a longtemps compté que des joueurs masculins, ceci
dit.
Nélis : la LYRE, outre le fait qu'une femme la préside pour
la première fois cette année, compte des joueuses dans ses rangs depuis
les débuts, certaines d'entre elles ayant même participé à sa création.
Par la suite, d'autres joueuses sont venues d'elles-mêmes, peut être
rassurées par le fait que quelques filles soient déjà présentes à
l'association. Venant parfois en couple, elles étaient la plupart du
temps déjà rôlistes auparavant. Et c'est alors que s'est créé un second
phénomène intéressant : ces joueuses ont invité certaines de leurs
amies, qui présentaient certaines "prédispositions", à venir découvrir
le jeu de rôle. Ces dernières ont effectivement tout de suite adhéré à
cette pratique, sont devenues de véritables passionnées et continuent
encore à jouer parmi nous !
Petit à petit, nous avons atteint
près de 30 % de membres féminins, pour le plus grand bonheur des
joueurs ! Et d'ailleurs, les joueuses célibataires qui sont venues
adhérer à l'association ne le sont jamais restées très longtemps !
(mais il ne faut pas y voir là une quelconque intention, personne n'est
jamais venu à l'association pour se "caser" ;-) !)
Jouez-vous exclusivement des personnages féminins ou vous arrive-t-il de jouer des hommes ?
Nélis :
je n'ai jamais eu de mal à jouer un personnage qu'il soit féminin ou
masculin, ni de réelle préférence à jouer l'un ou l'autre. C'est plutôt
le caractère du personnage qui me séduit.
C'est parfois plus
intéressant de jouer une un personnage féminin dans un contexte
difficile pour les femmes : par exemple à bord d'un navire pirate,
où l'on doit faire attention à ne pas être découverte car les femmes ne
sont pas les bienvenues à bord ; dans un jeu d'ambiance se
déroulant au début du siècle, lorsque l'enquête vous mène dans un de
ces nombreux clubs interdits aux femmes, que le rôle que ces dernières
devaient tenir était celui d'une mère au foyer et non d'une
aventurière, et que la misogynie imprègne toutes les mentalités. En
outre, incarner un personnage féminin permet tout simplement d'user de
son charme auprès d'un joueur ou d'un personnage masculin, pour
parvenir à ses fins !
Alba : il
m'est arrivé quelquefois d'incarner des personnages masculins, pour
élargir la palette des rôles possibles. Je la trouve souvent plus
réduite pour des personnages féminins que masculins, selon l'époque, le
style de jeu… Mais c'est resté rare. Et les MJ ont tendance à conserver
le féminin en parlant du personnage, c'est un peu agaçant… Par contre,
j'incarne évidemment toutes sortes de PNJ masculins en tant que MJ, et
là, ça ne pose aucun problème à mes joueurs.
Amélie Tsaag Valren :
j'ai joué un tauren male sur World of Warcraft dans le but d’être
perçue en « égale » des hommes, et c’est tout ! En jdr papier, j’estime
qu’il est plus simple de garder une mentalité proche de ce qu’est la
mienne naturellement (je me suis souvent sentie femme et rôdeuse dans
l’âme, même si j’ai essayé d’autres classes).

A
ce propos, comment voyez-vous les joueurs qui interprètent des
personnages féminins ? Leur interprétation vous semble-t-elle crédible ?
Amélie Tsaag Valren :
selon moi il n’y a pas de généralisation possible : certains joueurs
jouent très bien les femmes, d’autres pas. J’ai rencontré des joueurs
qui ne savaient faire que la femme facile, provocante et complètement
stéréotypée. Tout simplement, il y a des joueurs capables de se mettre
dans la peau de n’importe « qui », que ce soit une femme, un nain ou un
minotaure (!), et d’autres qui ne font que projeter leur propres
fantasmes : tout comme le prince charmant n’existe pas (si je me
mettais à jouer mon type d’homme idéal, les mecs riraient tellement
c’est peu crédible), la femme rêvée du joueur de JDR n’existe guère
plus !
Nélis : certains
le font très bien, avec sensibilité et sans exagération. Certains
tombent très vite dans les archétypes voire les clichés, jouant la
délurée ou la féministe alors que le personnage est censé être plus
subtil et travaillé. Un homme n'aura pas les mêmes réflexes qu'une
joueuse dans sa manière de décrire un personnage féminin, de créer son
histoire, de l'interpréter… Certaines aspirations, des attentes, des
préoccupations qui sont naturelles pour les femmes ne traverseraient
même pas l'esprit d'un joueur ! (sans vouloir jouer les
féministes, hein !) Par ailleurs, dans la quasi totalité des jeux
existants, la création de personnages reste assez neutre. Les règles ne
font peu ou pas de différences entre un homme et une femme. Le seul
moyen de rendre le personnage naturellement féminin en reste donc
l'interprétation.
Alba : j'y
ai très rarement été confrontée. Mais je ne vois pas pourquoi un joueur
un peu fin ne pourrait pas incarner une femme de façon crédible !
Les
héroïnes de jeux vidéo ont su évoluer. On est ainsi passé de la
princesse à sauver aux héroïnes à part entière (Lara Croft, Jill
Valentine, Bayonetta…). Constatez-vous la même évolution dans le milieu
du jdr ou bien en est-on toujours au stéréotype de la guerrière en cote
de mailles ?
Amélie Tsaag Valren :
on parle du côté joueur ou de l’univers interne au jeu ? L’évolution
est indéniable côté joueurs où j’ai relevé plus d’une histoire de
couple rôliste où la femme était d’abord réduite à garder les enfants
pendant les parties de papa avec ses amies, puis s’est fait initier au
jeu par des hommes aux petits soins pour elle, avant de prendre son
indépendance et d’en remontrer à ces messieurs ! Niveau jeu, j’en
connais bien trop peu pour vous faire une réponse objective…
Alba :
difficile à dire pour moi, je n'ai jamais vraiment joué avec de tels
stéréotypes. Même si la guerrière en cotte de mailles peut aussi avoir
une profondeur… euh, non, le mot est mal choisi, disons une vraie
épaisseur psychologique. Plus sérieusement : l'évolution est sensible
au moins dans la rédaction des jeux, les archétypes de personnages
proposés, par exemple.
Nélis : les
deux cohabitent assez bien, mais l'accroissement du nombre de joueuses
entraîne une affirmation des personnages féminins. Ces dernières ne
sont plus seulement interprétées, avec plus ou moins de "maladresse",
par quelques rares joueurs ou des MJ qui en font des "P.E.D."
(Princesses En Détresse) ou l'objet d'une quête ; les personnages
féminins prennent pleinement part à l'aventure, deviennent des
héroïnes, de la même manière que sont apparues les premières
aventurières dans les années 20 ;-). Mais tout dépend aussi du
jeu : le médiéval fantastique fait peu de différences entre un
personnage féminin ou masculin, ce sont les archétypes et les classes
de personnages qui priment. Ce qui peut donner lieu à des actes
héroïques avec pour seul moteur le talent du joueur ou de la joueuse,
et non plus du sexe du personnage.
Selon vous, existe-t-il des types de scénarios de jdr spécifiquement féminins dans leur approche ?
Nélis :
je ne pense pas, tout du moins je n'ai jamais eu l'occasion d'en jouer.
En tout cas, la manière de résoudre un scénario est parfois très
différente si la table est uniquement composée de joueuses. Ceci a
donné lieu à certaines expérimentations dans notre association, en
soumettant par exemple un scénario à un groupe exclusivement féminin.
Un MJ de La LYRE a récemment maîtrisé un même scénario
post-apocalyptique à deux groupes, l'un exclusivement masculin et
l'autre exclusivement féminin. Il a pu apprécier les résolutions
d'actions et les choix de chaque table avec beaucoup de curiosité et
s'est amusé à constater plusieurs différences flagrantes dans nos
approches respectives : là où les garçons usaient de
l'intimidation, de la violence ou du rapport de force, les joueuses ont
privilégié la diplomatie, la protection du groupe, la furtivité... Mais
au final, je ne crois pas qu'il existe un type de scénario qui soit
vraiment typiquement féminin. La liberté que laisse le jeu de rôle
permet de donner des choses très différentes dans la résolution d'un
même scénario, mais le fil conducteur, le canevas de l'intrigue restera
le même.
Alba : et
bien, je ne suis pas la mieux placée pour répondre à cette question. Il
faudrait sans doute demander à mes joueurs : trouvez-vous des éléments
spécifiquement féminins dans ma façon de maîtriser ou de concevoir des
scénarios ?
Jorune :
l'attention portée à la psychologie des PNJ me parait plus importante.
OK, soyons juste, il est difficile d'affirmer que cela soit dû à ta
féminité et pas à ta façon de maitriser.
Maruku :
je trouve aussi que tu attaches plus d'importance à la construction
d'une atmosphère, d'une atmosphère plus complexe que celle des PJ
masculins.
Moi : mais là encore, est-ce un trait "féminin" ? Il me semble que tous les Mj, disons, un peu subtils, hommes ou femmes, font ça.
Jorune :
surtout, tu es une MJ qui a accordé beaucoup d'importance aux états
d'âme des personnages, à leurs histoires d'amour, au rapport de
séduction qu'ils pouvaient avoir avec leur entourage. Ça, c'est plus
compliqué à faire pour un MJ "mâle". Note que je n'ai pas dit
impossible. Mais c'est vrai qu'entre mecs, une sorte de gêne peut vite
apparaitre à traiter des sujets "à l'eau de rose". C'est sans doute
idiot, mais le MJ mec se cantonnera plutôt à la testostérone. Les
personnages pourront avoir une relation amoureuse mais elle générera
peu de roleplay. Ils peuvent aussi avoir des relations sexuelles mais
ça ça sera traité très rapidement ou de façon vulgaire selon les MJs,
rarement plus.
C'est
vraiment dans ce rapport avec l'intimité des personnages que j'ai
trouvé ta maitrise spéciale; Jorune est ce qu'il est pour moi parce que
nous avons joué (et écrit dans son journal) ses discussions intimes
avec Deirdre et avec d'autre).
De même les rapports familiaux, qui
font tout le sel d'Ambre, tu es parvenu à les rendre crédibles, car
traités avec justesse et sensibilité. Là où pour beaucoup de MJ, les
Ambriens de première génération sont en gros des vampires de basse
génération et la 3eme de la chair à canon.
Maruku : oui, je suis d'accord. Tu
accordes beaucoup plus d'importance à la dimension sociale du monde et
du jeu, aux relations entre les personnages et avec les PNJ, aux
dialogues. Je trouve aussi des spécificités à ta façon de construire
les scénarios, mais c'est davantage parce que tu es une "littéraire"
que parce que tu es une femme, à mon avis.
Amélie Tsaag Valren :
euuuh… joker ! Une célèbre psychologue, dont j’ai oublié le nom
d’ailleurs, a dit que le propre de l’homme est d’agrandir son
territoire, de partir explorer, chasser, conquérir et répandre ses
gènes, ce qui signifierait que l’homme est naturellement aventureux et
infidèle, tandis que la femme serait celle qui rassemble, qui
concentre, celle qui garde son clan sous son aile à la maison. Il y a
toujours des exceptions bien sûr, mais partant de ce principe, il
existe peu de scénarios adaptés à la mentalité féminine ! C’est un
énorme stéréotype, mais je dirai « enlevez son enfant à une femme, vous
serez surpris des efforts qu’elle est capable de déployer pour le
retrouver ». A l’inverse, écraser une foule de monstre pour s’emparer
d’un quelconque trésor est une idée typiquement masculine.
Au bilan, estimez-vous que le fait d'être
une femme dans un milieu d’hommes a engendré pour vous des difficultés
supplémentaires ou au contraire pensez-vous avoir bénéficié de ce fait
d’une bienveillance utile ?
Alba :
le deuxième choix, sans hésiter ! Je n'ai jamais eu de difficultés
particulières et les joueurs-hommes sont toujours bien disposés vis à
vis des rares femmes du milieu.
Amélie Tsaag Valren :
bienveillance utile ? Pas vraiment, dans le sens où j’ai souffert de
l’amalgame « c’est une femme-elle joue moins bien que nous-il faut être
aux petits soins pour elle ». C’est après un temps d’adaptation,
lorsque les autres joueurs ont bien appris à me connaître, que je me
suis sentie mieux.
Nélis :
sans aucun doute, de bienveillance. Lorsque j'ai commencé le jeu de
rôle, j'ai vraiment été chouchoutée, et je ne doute pas que ça soit dû
au fait d'être une femme ! Il y avait sans doute un peu de curiosité de
la part des joueurs masculins mais également, il faut bien l'avouer, un
peu de séduction dans leur manière d'être ! Le jeu de rôle est encore
un loisir essentiellement masculin, mais je suis ravie que de plus en
plus de femmes s'y essaient, que ce soit juste pour faire plaisir à
leur compagnon, ou que ce soit par véritable passion.
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vous retrouverez dans notre numéro 1 les réponses de Neko, Charlotte
Bousquet, Hikaki et Riddle. En bonus sur notre site, nous vous
livrerons ensuite les réponses d'Elfyr, Kali et Miss Mopi ! •••